
Sfax le 21 02 2007
Prof Moncef BEN SALEM
Universitaire, ex détenu politique
Tel 216 97 85 64 47
Excellence
Parce que ma situation d’universitaire et de victime m’oblige de manifester contre 20 ans de répression sans merci et de manière gratuite, contre une longue injustice infligée à des dizaines de milliers de citoyens tunisiens, je m’adresse à votre haute bienveillance dans l’espoir de dévoiler le vrai visage tyrannique du régime tunisien afin que justice soit faite et que droits soient rendus. Les mesures répressives menées par les dirigeants de Tunis depuis 1987 et qui touchent un très grand nombre d’intellectuels ont à mon avis deux fruits : favoriser la poussée du terrorisme et creuser le fossé entre notre société et l’occident au moment où on croyait avoir plusieurs facteurs de rapprochement, d’entente et d’amitié (culture, recherches scientifiques, intérêts économiques,….). Au su et au vu des Grandes Puissances qui malheureusement ont manifesté leur charité et générosité envers le régime de Tunis, une nouvelle forme d’Apartheid est bel et bien appliquée aux détenus et ex_détenus politiques ainsi qu’à leurs familles (selon la règle de la punition globale). Le régime tunisien a ratifié toutes les conventions onusiennes concernant les droits de l’homme cependant et prétendant participer à la campagne anti terrorisme nos dirigeants et depuis deux décennies mènent une campagne de destruction totale de toute personne soupçonnée d’appartenir au courant islamic (ENNAHDHA : mouvement politique démocratique, jugé de toutes les instances de modéré et pacifique).Cette destruction consiste à incarcérer l’intéressé, obliger la femme de divorcer, harceler les enfants jusqu’aux pertes d’études, étouffer économiquement la famille, menacer tout bienfaiteur lui apporter secours ; en cas de libération , l’ex détenu est obligé d’obéir au contrôle de 2à8 fois par jour au poste de police avec l’empêchement de travailler ; de plus ces ex détenus sont en général privés de papiers officiels, de couvertures sociales et sont exposés aux tracasseries des milices du parti au pouvoir ainsi qu’aux visites nocturnes et inopinées de la police, à la fouille de leur maison et à la mainmise sur les moyens de culture (ordinateur, livres, CD, manuscrits, etc,,,). Cette situation est devenue un obstacle aux célibataires (détenus ou enfants de détenus) de fonder librement un foyer comme droit divin et humain car tout contact avec les proches des victimes peut mener à des pertes de droits comme le licenciement et aux emmerdements.
Quoique bien soutenu par plusieurs organisations scientifiques internationales (Académie des Sciences Paris, CCSS Canada, NAS USA,TUB Berlin, ICTP Italie, etc…) je n’ai pas pu m’échapper à ces mesures répressives mais en avouant le privilège que j’ai eu parmi les victimes politiques. En Aoùt 1987 alors que je participais aux travaux du jury de recrutement au Ministère, la police a décidé le gel de mon salaire de manière gratuite. Arrêté en novembre 87 puis libéré en mai 89 sans procès et avec promesses présidentielles de récupérer mes salaires et réintégrer mon poste ; j’ai entamé des tractations avec le ministre de l’enseignement supérieur pour rétablir ma situation ; malheureusement ces tractations n’ont pas abouti. Le 9-11-89 j’ai déposé 3 motions au tribunal administratif dont 1 concernant la reprise de mes activités académiques à l’université de Sfax ; 14 ans plu tard c à d en 2003 l’affaire est mise en investigations puis de nouveau du mutisme absolu règne jusqu’à ce jour !! En Avril 90 et suite à une interview accordée à la presse j’ai été de nouveau arrêté, jugé et condamné à 3 ans de prison ferme pour diffamations et diffusions de fausses nouvelles. Les conditions de cette incarcération sont lamentables et inhumaines : manque de soins nécessaires et d’hygiène, risque d’attaque par la gale du à l’absence de douche pendant 5 mois, risque de contamination par des maladies graves ( rasage obligatoire chaque semaine avec le même rasoir pour un groupe de 15 prisonniers) ,présence fréquente de grosses souris venues des fosses septiques etc … Les provocations des gardiens sont quasi permanentes ; l’administration pénitentiaire sous les directives des responsables politiques ne laisse entrer aucun moyen de culture dans ma chambre qui contenait en moyenne une centaine de prisonniers de droit commun, ceux-ci sont tous fumeurs et l’aération était au juste minimum. Dans chaque prison , l’administration réserve de 2 à 3 chambres conformes aux normes des lois pour les visites des ONG et des personnalités officielles. Les prisonniers de droit commun sont exhortés de jouer un rôle de sale mission contre les détenus politiques afin d’obtenir une baisse de leur peine ou une libération. 4 mois avant l’expiration de ma peine et sous les ordres des autorités, j’étais exposé à une destruction morale infernale( voir livre Dans cinq ans il n’y aura plus de Coran,traduction de Luisa Toscane et Danielle Mitterrand) : mis dans une chambre spéciale aux homosexuels et drogués et où l’on dormait entassés ; je suis incapable de décrire ces 120 jours de terreur et de mépris de la valeur humaine, comment peut on imaginer un universitaire propre vivre dans une chambre 2m x 5m avec 30 criminels homosexuels et drogués et tous fumeurs sachant que la sortie ne dépassait pas les 15mn par jour ? En Avril 1993j’ai été transféré à ma maison où je me suis retrouvé en état de siège à domicile : 3 brigades de police assurent la surveillance à raison de 8heures chacune, aucun contact avec les personnes non parentes y compris mes voisins, ma mère qui habitait à 50km de chez moi est tombée malade puis est décédée en Août 94 sans que je puisse assister à son inhumation. Cet état de siège illégal a été levé en Juin 2001 mais la poursuite policière continue, donc plus de 8ans toute ma famille vivait sous les yeux de la police politique jour et nuit, mes enfants n’avaient guère la possibilité de recevoir leurs camarades sous les menaces des poursuites policières à leurs parents ; une situation vraiment accablante, aucune source financière puisque personne de la famille ne travaille, aucune bourse d’étude, aucune assurance maladie mais plusieurs provocations et intimidations : ruptures fréquentes de ligne téléphonique(dont une a duré 4ans ),arrêt de compteur d’eau, établissement de fausses factures , manque totale de courriers et de plusieurs services municipaux. Hélas 2 de mes enfants ont réussi à quitter laTunisie , l’un a obtenu l’asile politique en France , l’autre,handicapé à70% suite à un accident encore douteux,est étudiant à Munich ; les 2 autres qui étudient en Mastère sont encore privés de leur passeport ; par l’intermédiaire de mon avocat Me A.Maatar une plainte a été déposée au Tribunal Administratif le 17 06 2006 en vu d’obtenir mon passeport et celui de ma fille Mariem, la réponse du Ministère de l’Intérieur en Janvier 2007 est : refus,motif : « le voyage est de nature à porter atteinte à l’ordre et la sécurité publics et à la réputation de La Tunisie ». Imaginez cher Monsieur ce motif concerne une étudiante en mastère Informatique ou un étudiant en mastère Mathématiques ou un professeur et chercheur de réputation internationale ?
La situation dont je viens de décrire une partie s’est répercutée sur mes enfants et pourrait avoir des conséquences néfastes déplorables sur leur vie (mes 4 enfants ont perdu au total 13 ans dans leur scolarité), quant aux séquelles qui me concernent en voici quelques unes : diabète type2, coliques néphrétiques, hémorroïdes , maux de tête, etc…
Dans l’espoir de recevoir la réaction positive de votre haute bienveillance, veuillez agréer Excellence mon profond respect et mes vives reconnaissances.
Moncef BEN SALEM (1953, père de 4 enfants) ingénieur diplômé des écoles de Paris, docteur de spécialité, docteur d’état en math ; ex directeur fondateur du département de math de l’université de Sfax, referry à Math_Review U.S.A et à Zentalblatt fur Math Berlin, membre associé à ICTP Trieste , KEFAS Kuwait, AUPPELF , Union des mathématiciens et physiciens Arabes
Prof Moncef BEN SALEM
Universitaire, ex détenu politique
Tel 216 97 85 64 47
Excellence
Parce que ma situation d’universitaire et de victime m’oblige de manifester contre 20 ans de répression sans merci et de manière gratuite, contre une longue injustice infligée à des dizaines de milliers de citoyens tunisiens, je m’adresse à votre haute bienveillance dans l’espoir de dévoiler le vrai visage tyrannique du régime tunisien afin que justice soit faite et que droits soient rendus. Les mesures répressives menées par les dirigeants de Tunis depuis 1987 et qui touchent un très grand nombre d’intellectuels ont à mon avis deux fruits : favoriser la poussée du terrorisme et creuser le fossé entre notre société et l’occident au moment où on croyait avoir plusieurs facteurs de rapprochement, d’entente et d’amitié (culture, recherches scientifiques, intérêts économiques,….). Au su et au vu des Grandes Puissances qui malheureusement ont manifesté leur charité et générosité envers le régime de Tunis, une nouvelle forme d’Apartheid est bel et bien appliquée aux détenus et ex_détenus politiques ainsi qu’à leurs familles (selon la règle de la punition globale). Le régime tunisien a ratifié toutes les conventions onusiennes concernant les droits de l’homme cependant et prétendant participer à la campagne anti terrorisme nos dirigeants et depuis deux décennies mènent une campagne de destruction totale de toute personne soupçonnée d’appartenir au courant islamic (ENNAHDHA : mouvement politique démocratique, jugé de toutes les instances de modéré et pacifique).Cette destruction consiste à incarcérer l’intéressé, obliger la femme de divorcer, harceler les enfants jusqu’aux pertes d’études, étouffer économiquement la famille, menacer tout bienfaiteur lui apporter secours ; en cas de libération , l’ex détenu est obligé d’obéir au contrôle de 2à8 fois par jour au poste de police avec l’empêchement de travailler ; de plus ces ex détenus sont en général privés de papiers officiels, de couvertures sociales et sont exposés aux tracasseries des milices du parti au pouvoir ainsi qu’aux visites nocturnes et inopinées de la police, à la fouille de leur maison et à la mainmise sur les moyens de culture (ordinateur, livres, CD, manuscrits, etc,,,). Cette situation est devenue un obstacle aux célibataires (détenus ou enfants de détenus) de fonder librement un foyer comme droit divin et humain car tout contact avec les proches des victimes peut mener à des pertes de droits comme le licenciement et aux emmerdements.
Quoique bien soutenu par plusieurs organisations scientifiques internationales (Académie des Sciences Paris, CCSS Canada, NAS USA,TUB Berlin, ICTP Italie, etc…) je n’ai pas pu m’échapper à ces mesures répressives mais en avouant le privilège que j’ai eu parmi les victimes politiques. En Aoùt 1987 alors que je participais aux travaux du jury de recrutement au Ministère, la police a décidé le gel de mon salaire de manière gratuite. Arrêté en novembre 87 puis libéré en mai 89 sans procès et avec promesses présidentielles de récupérer mes salaires et réintégrer mon poste ; j’ai entamé des tractations avec le ministre de l’enseignement supérieur pour rétablir ma situation ; malheureusement ces tractations n’ont pas abouti. Le 9-11-89 j’ai déposé 3 motions au tribunal administratif dont 1 concernant la reprise de mes activités académiques à l’université de Sfax ; 14 ans plu tard c à d en 2003 l’affaire est mise en investigations puis de nouveau du mutisme absolu règne jusqu’à ce jour !! En Avril 90 et suite à une interview accordée à la presse j’ai été de nouveau arrêté, jugé et condamné à 3 ans de prison ferme pour diffamations et diffusions de fausses nouvelles. Les conditions de cette incarcération sont lamentables et inhumaines : manque de soins nécessaires et d’hygiène, risque d’attaque par la gale du à l’absence de douche pendant 5 mois, risque de contamination par des maladies graves ( rasage obligatoire chaque semaine avec le même rasoir pour un groupe de 15 prisonniers) ,présence fréquente de grosses souris venues des fosses septiques etc … Les provocations des gardiens sont quasi permanentes ; l’administration pénitentiaire sous les directives des responsables politiques ne laisse entrer aucun moyen de culture dans ma chambre qui contenait en moyenne une centaine de prisonniers de droit commun, ceux-ci sont tous fumeurs et l’aération était au juste minimum. Dans chaque prison , l’administration réserve de 2 à 3 chambres conformes aux normes des lois pour les visites des ONG et des personnalités officielles. Les prisonniers de droit commun sont exhortés de jouer un rôle de sale mission contre les détenus politiques afin d’obtenir une baisse de leur peine ou une libération. 4 mois avant l’expiration de ma peine et sous les ordres des autorités, j’étais exposé à une destruction morale infernale( voir livre Dans cinq ans il n’y aura plus de Coran,traduction de Luisa Toscane et Danielle Mitterrand) : mis dans une chambre spéciale aux homosexuels et drogués et où l’on dormait entassés ; je suis incapable de décrire ces 120 jours de terreur et de mépris de la valeur humaine, comment peut on imaginer un universitaire propre vivre dans une chambre 2m x 5m avec 30 criminels homosexuels et drogués et tous fumeurs sachant que la sortie ne dépassait pas les 15mn par jour ? En Avril 1993j’ai été transféré à ma maison où je me suis retrouvé en état de siège à domicile : 3 brigades de police assurent la surveillance à raison de 8heures chacune, aucun contact avec les personnes non parentes y compris mes voisins, ma mère qui habitait à 50km de chez moi est tombée malade puis est décédée en Août 94 sans que je puisse assister à son inhumation. Cet état de siège illégal a été levé en Juin 2001 mais la poursuite policière continue, donc plus de 8ans toute ma famille vivait sous les yeux de la police politique jour et nuit, mes enfants n’avaient guère la possibilité de recevoir leurs camarades sous les menaces des poursuites policières à leurs parents ; une situation vraiment accablante, aucune source financière puisque personne de la famille ne travaille, aucune bourse d’étude, aucune assurance maladie mais plusieurs provocations et intimidations : ruptures fréquentes de ligne téléphonique(dont une a duré 4ans ),arrêt de compteur d’eau, établissement de fausses factures , manque totale de courriers et de plusieurs services municipaux. Hélas 2 de mes enfants ont réussi à quitter laTunisie , l’un a obtenu l’asile politique en France , l’autre,handicapé à70% suite à un accident encore douteux,est étudiant à Munich ; les 2 autres qui étudient en Mastère sont encore privés de leur passeport ; par l’intermédiaire de mon avocat Me A.Maatar une plainte a été déposée au Tribunal Administratif le 17 06 2006 en vu d’obtenir mon passeport et celui de ma fille Mariem, la réponse du Ministère de l’Intérieur en Janvier 2007 est : refus,motif : « le voyage est de nature à porter atteinte à l’ordre et la sécurité publics et à la réputation de La Tunisie ». Imaginez cher Monsieur ce motif concerne une étudiante en mastère Informatique ou un étudiant en mastère Mathématiques ou un professeur et chercheur de réputation internationale ?
La situation dont je viens de décrire une partie s’est répercutée sur mes enfants et pourrait avoir des conséquences néfastes déplorables sur leur vie (mes 4 enfants ont perdu au total 13 ans dans leur scolarité), quant aux séquelles qui me concernent en voici quelques unes : diabète type2, coliques néphrétiques, hémorroïdes , maux de tête, etc…
Dans l’espoir de recevoir la réaction positive de votre haute bienveillance, veuillez agréer Excellence mon profond respect et mes vives reconnaissances.
Moncef BEN SALEM (1953, père de 4 enfants) ingénieur diplômé des écoles de Paris, docteur de spécialité, docteur d’état en math ; ex directeur fondateur du département de math de l’université de Sfax, referry à Math_Review U.S.A et à Zentalblatt fur Math Berlin, membre associé à ICTP Trieste , KEFAS Kuwait, AUPPELF , Union des mathématiciens et physiciens Arabes

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